Combien sommes-nous ?

vendredi 10 février 2012

La revue de presse de la Mouche #2 Edition spéciale !



« Chaque civilisation a les ordures qu’elle mérite » Georges Duhamel



   Mes salutations distinguées internaute !

  Cette semaine, voici une revue de presse un peu particulière puisque je vais me servir d’un fait d’actualité, ou plutôt un propos qui a fait l’actualité afin de développer un propos qui, selon moi, mérite un moment d’attention. Pour les plus perspicaces d’entre vous, vous l’avez surement compris, je vais bien évidemment allusion à la déclaration massue du Ministre de l’Intérieur (et donc maire de ma ville) Claude Guéant, à savoir : « toutes les civilisations ne se valent pas ». Replacée dans son contexte, cette intervention faisait (bien entendu) référence au phénomène d’immigration en France, et à ce supposé sentiment des français qui – je cite – « (...) ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale. », mais peut induire une interrogation particulière sur la notion même de « civilisation ». Outre le débat sur le racisme, la ségrégation raciale ou le nationalisme qu’ils impliquent, sujet particulièrement sensible en période électorale, ces propose peuvent supposer (à tort (double parenthèse : ceci est mon point de vue, il n’engage que moi)) qu’il serait possible d’établir une classification qualitative, quantitative aussi, de la diversité culturelle mondiale. Aussi, internaute ma grenouille, décortiquons-en ensemble ce concept, devenu très à la mode dans la géopolitique contemporaine pour expliquer les tribulations des relations internationales, par un exposé en plusieurs points (et surement en plusieurs articles, suspens, suspens !).
   Mais avant de nous lancer corps et âmes dans l’étude même de ce phénomène, le terme de « civilisation » va s’inscrire dans une problématique sémantique notoire. Autrement dit, il faut savoir quelle définition on peut mettre derrière. Et bien pour cela, sans détour et sans chichi voici la réponse la plus indiscutable qui va rassembler tout le monde derrière, oui j’ai bien dit TOUT LE MONDE, car voici pour vous derrière vos écrans, la définition du Larousse !

  Alors, voyons ça... Le terme civilisation est un dérivé indirect du latin civis signifiant « citoyen » par l'intermédiaire de « civil » et « civiliser », et a été utilisé de différentes manières au cours de l'Histoire, mais également dans le dictionnaire, qui en donne trois définitions potentielles :

Action de civiliser un pays, un peuple, de perfectionner les conditions matérielles et culturelles dans lesquelles vit un peuple  (ex : la civilisation de la Gaule par les Romains).

Ensemble des caractères propres à la vie intellectuelle, artistique, morale, sociale et matérielle d'un pays ou d'une société : (ex : la civilisation des Incas)

État de développement économique, social, politique, culturel auquel sont parvenues certaines sociétés et qui est considéré comme un idéal à atteindre par les autres (voir Francis Fukuyama : la Fin de l’Histoire et le triomphe de la civilisation occidentale, soit la victoire du libéralisme).

  Voilà, maintenant que nous sommes dans le vif du sujet, mon exposé va principalement s’intéresser à la thèse soutenue par Samuel Huntington, qui justifie le monde d’une façon bien particulière. Aussi, mon propos sera de démontrer qu’il a tort :

  En 1996, Samuel Huntington, professeur de sciences politiques à l’université de Harvard, publie un essai très controversé : le « Choc des civilisations ». Ici, il explique que l’ensemble des conflits mondiaux aurait changé d’aspect depuis la chute du mur de Berlin et la dislocation de l’URSS dans les années 90. D’après sa théorie, nous serions confrontés à une nouvelle structure organisationnelle du monde, celle-ci qui ne reposerait plus sur des contentieux d’ordres politiques, économiques ou même idéologiques, mais culturels et civilisationnels.
   A partir de ces constatations, Huntington propose alors un découpage géographique de la planète en une poignée d’ensemble régionaux accolés les uns aux autres et qui représenteraient respectivement une grande civilisation. Les pays faisant parties d’un même ensemble coopèreraient mieux les uns avec les autres puisqu’ils partageraient des affinités culturelles ; tandis que des tentatives de rapprochements inter-civilisationnels serait voués à l’échec. Dès lors, Huntington va distinguer neufs « grandes civilisations » : la civilisation occidentale (Australie et Nouvelle Zélande incluse) ; la civilisation latino-américaine ; pour le monde asiatique les civilisations bouddhistes, chinoise et japonaise, la civilisation hindou (qui comprend seulement l’Inde et le Sri Lanka) ; la civilisation russe (ancienne civilisation orthodoxe incluant une partie des Balkans) ; le monde musulman (qui va de l’Afrique de l’Ouest à l’Indonésie) et enfin, la civilisation subsaharienne. Ces grands ensembles culturels, répartis sur le globe de la façon suivante :




 Ainsi les conflits interviendraient dans des zones de contact entre ces blocs culturels. Mais cette façon d’appréhender les relations internationales s’avère assez réductrice : on peut en effet considérer que cela aurait tendance à masquer les faits, et donc l’Histoire.

Voilà, comme disait Churchill en son temps "c'est la fin du commencement", pour ceux qui sont arrivés jusque là, excusez mes phrases à rallonge et à bientôt pour un prochain épisode. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire